VIOLENCES

[ LÉA DROUET ]
Date(s) :  du 13 mai 2020 au 16 mai 2020
Horaire(s) :  Mercredi, jeudi, vendredi à 19h30, samedi à 18h30
Conception et interprétation : Léa Drouet
Dramaturgie : Camille Louis
Scénographie : Elodie Dauguet
Assistanat : Laurie Bellanca

« On n’a jamais vu tant de violence. » Cela semble être le constat de notre temps auquel le monde entier devrait adhérer. Mais de quel « vu » s’agit-il et précisément, quel « monde » s’y trouve relié ? Mais de quel «voir» s’agit-il et, précisément, quel « monde » s’y trouve relié ? Travaillée par ces questions, la metteuse en scène Léa Drouet expérimente dans Violences de nouvelles dramaturgies visant à tordre la séparation entre voir et agir. Son approche critique s’exerce sur des scènes « dominantes » dont le pouvoir paradoxal est de montrer la violence tout en l’escamotant. Filmée, photographiée, cadrée, démultipliée, empilée, abondamment commentée, elle est exposée sous toutes les coutures et pourtant on ne la voit plus. «La violence des uns contre les autres est partout. Mais les violences que nous suscitons et refusons, celles que nous désirons et rejetons dans un même mouvement, n’apparaissent nulle part», analyse Léa Drouet. Inspirée par un ensemble de mouvements sociaux (émeutes de 2005, lutte du Comité Adama, Gilets jaunes, combat de libération du peuple kurde tel qu’il se mène dans le Rojava…), l’artiste, en collaboration avec la philosophe et dramaturge Camille Louis, tente d’armer un regard pour se mettre à la trace de ce qui s’écrit sous les imageries de violence.
Pour désamorcer les stratégies d’une violence en quelque sorte instituée, elle met en scène une série de structures narratives archétypales qui sont à la fois jouées et déjouées, tordues et malmenées dans l’espace du plateau qui se déconstruit et se transforme, passe de la ville structurée et verticale à l’horizontalité des tracés qui sillonnent un bac à sable…
Il s’agit de façonner un paysage où le corps engagé assume différentes positions —entre témoin et actrice, entre victime et bourreau—, comme on franchit des lignes de rupture. Cela pour qu’émergent peu à peu, à travers des procédés de répétitions, de séquençages ou de découpages de scènes de violence, d’autres positionnements et d’autres possibilités d’action.