RSRB + NIJINSKA / UN BOLERO

[ DOMINIQUE BRUN & FRANCOIS CHAIGNAUD ]
Création
Date(s) :  du 1 décembre 2020 au 20 décembre 2020
Horaire(s) :  18:30
Conception et lecture : Dominique Brun
Interprétation : Massimo Fusco (danse), Sandrine Legrand et Jérôme Granjon (piano)
Durée :  RSRB : 35 minutes / entracte / Niinska / Un Boléro : 18 minutes

RSRB est une performance qui se crée à partir des Kreisleriana de Robert Schumann et du texte Rasch de Roland Barthes.
Les Kreisleriana constituent l’opus 16 de l’œuvre de Robert Schumann. Ces huit pièces pour piano ont été composées pour Clara Wieck en 1838. Schumann écrivait alors à Clara : «J’ai terminé une série de nouvelles pièces. Toi et ta pensée les dominent complètement. (…) Joue quelquefois mes Kreisleriana ! Dans certaines parties, il y a un amour vraiment sauvage, et ta vie et la mienne et beaucoup de tes regards.» Rasch est le titre d’un article écrit par Roland Barthes dans les années 1970 sur les Kreisleriana de Robert Schumann. Il figure avec d’autres dans L’obvie et l’obtus. Roland Barthes traque le corps de Schumann dans sa musique et donne à ces Kreisleriana une interprétation toute chorégraphique.
«A force de rentrer dans le verbe barthésien, cette performance ouvre un chemin d’écoute qui emmène dans les nervures de la partition de Schumann par le truchement du corps.»

Nijinska / Un Bolero. Le boléro est une danse qui apparaît en Espagne au 18e siècle. Bolero doit aujourd’hui sa renommée et sa majuscule au compositeur Maurice Ravel. Avant de reprendre son autonomie, cette musique avait été composée pour un ballet en 1928. C’est Ida Rubinstein, danseuse et égérie des Ballets Russes, qui en commanda la partition à Ravel et la chorégraphie à Bronislava Nijinska.
Dominique Brun invite François Chaignaud à réinterpréter cette œuvre. Tous deux confrontent le Bolero à d’autres danses espagnoles, à la danseuse La Argentina, à la skirt dance du début du XXe siècle et au butô de Tatsumi Hijikata, au plus près d’une révolte de la chair. Dans le flamenco comme dans le butô se rencontre le désir de questionner «la femme qui se lève en l’homme». Vêtu d’une longue robe, le danseur alterne tournoiement, staccato du pied, ralenti des bras et du torse, son corps entre en résistance avec la martialité du rythme pour mieux déjouer l’autorité de la musique.