PUR PRÉSENT

[ Olivier Py ]
Date(s) :  du 13 mai 2020 au 26 mai 2019
Horaire(s) :  Du mardi au samedi à 20h Matinées les dimanches à 16h
Texte et mise en scène : Olivier Py
Avec : Dali Benssalah, Nâzim Boudjenah de la Comédie-Française, Joseph Fourez et Guilhem Fabre (piano)

Pur présent est un triptyque inspiré des tragédies d’Eschyle. Rien contextuellement n’est retenu du grand tragique grec mais cette idée que la tragédie est loin d’être une entreprise de découragement offre à son temps les architectures de l’espérance.

Chacune des pièces est écrite dans un lieu emblématique de la psychopathologie de nos sociétés néolibérales. La Prison, la Banque et la Rue. La Prison tout d’abord parce qu’elle est un réel problème de démocratie aujourd’hui et qu’à contempler ce trou noir de notre système nous pouvons comprendre ses déterminismes. Là, un conflit de lutte des classes se double d’une joute spirituelle entre un jeune prêtre compatissant et un roi des prisonniers en quête de reconnaissance symbolique.

La Banque est comme l’opposé de la Prison, c’est là que se construit très consciemment le système d’oppression financière qui conduit à l’incarcération des masses.  Mais c’est aussi un lieu de mystère quasi sacré où on découvre que l’argent n’est plus seulement mathématique mais une puissance quasi divine, une sorte de Dieu démiurge. Dans ce « décor » un fils tente contre son père, incarnation du capitalisme cynique, une révolution impossible.

Le troisième lieu est la Rue, là où les espoirs révolutionnaires se distillent ou s’épuisent. Le personnage central, masqué comme une allégorie tente de refonder les éléments transgressifs qui pourraient conduire à renverser le système marchand. Il dialogue alors avec tous ceux qui s’interrogent comme lui sur la possibilité de renverser l’ordre a priori immuable.

Au-delà de la description des forces en présences, néoconservatrices et pseudo révolutionnaires, la pièce dans ses trois actes ouvre aussi sur le ciel. Un ciel non moins inquiet que la politique, c’est dans la langue elle-même, dans la volonté de dire exactement l’angoisse contemporaine, que se jouent les promesses de renouvellement politique et de renaissance spirituelle.

Le spectacle a été conçu dans une grande simplicité de moyen, dans une pauvreté volontaire qui appelle le regard sur la performance des acteurs et l’adéquation du poème avec son temps. C’est de là que vient l’adjectif pur accolé à présent, un théâtre purifié de tout excès spectaculaire rencontre un présent qui ne se formule pas seulement en termes d’actualité.
Olivier Py