MONUMENT 0.6: HÉTÉROCHRONIE/PALERMO 1599–1920

[ ESZTER SALAMON ]
Date(s) :  du 24 mars 2021 au 27 mars 2021
CONCEPTION ET DIRECTION ARTISTIQUE : Eszter Salamon
CHORÉGRAPHIE ET PERFORMANCE : Matteo Bambi, Mario Barrantes Espinoza, Krisztiàn Gergye, Domokos Kovàcs, Csilla Nagy, Olivier Normand, Ayşe Orhon, Corey Scott-Gilbert, Jessica Simet
AVEC la participation du : chœur lyrique du Conservatoire à rayonnement départemental de Nanterre, dirigé par Valérie Gallet
Direction du chant : Johanna Peine, Ignacio Jarquin
Recherches musicales : Eszter Salamon, Johanna Peine
Direction musicale et arrangements : Ignacio Jarquin
Lumières : Sylvie Garot
Son : Marius Kirch
Création costumes : Flavin Blanka
Conseil dramaturgie : Bojana Cvejić
Assistante répétitions : Christine De Smedt
Direction technique : Matteo Bambi
Durée :  1h10

Comment instaurer un lien entre des événements passés et le temps présent? À cette question, la chorégraphe Eszter Salamon travaille et s’interroge depuis quelques années dans une série d’œuvres intitulées Monuments. Dernière en date, HETEROCHRONIE/Palermo 1599–1920 s’appuie à la fois sur l’histoire des corps et sur des archives musicales siciliennes.

Dans un montage entre les corps, leurs gestes, expressions et voix, HETEROCHRONIE synchronise et désynchronise nos mouvements de conscience à travers la confrontation et juxtaposition de différentes temporalités. Conçue avec huit danseuses et danseurs et un chœur amateur, Palermo 1599–1920 est une pièce chorale, qui tient son inspiration des rituels de momification des catacombes des Capucins de Palerme, des traditions vocales siciliennes, ainsi que de la révolution sicilienne de 1848. En rapprochant des temps et traces historiques et des géographies lointaines, l’œuvre tente de conjurer l’oubli par l’action collective et la construction de la mémoire par la fiction. Dans Palermo 1599–1920 se dessine une rencontre improbable entre les époques et les corps.
Le rapprochement fictif des momies palermitaines, des corps utopiques selon Michel Foucault, avec les corps des danseurs présents sur scène, ouvre notre regard sur un champ imaginaire situé entre présent et passé.

La pièce interroge la possibilité d’un continuum entre la vie et la mort, la cohabitation entre les vivants et les morts, et invente son propre corps utopique, un corps dansant et sonore. Se mêlant aux corps, les chants viennent nous rappeler en quoi les luttes collectives passées peuvent nous animer aujourd’hui. À quelle forme de résistance ou de désir de transformation elles nous renvoient.