LES BONIMENTEURS

[ JONATHAN CAPDEVIELLE, ARTHUR B. GILLETTE & JENNIFER ELIZ HUTT ]
Date(s) :  du 26 novembre 2020 au 28 novembre 2020
Créé en collaboration et interprété par : Jonathan Capdevielle, Arthur B. Gillette, Jennifer Eliz Hutt
Dialogues, chant, bruitage : Jonathan Capdevielle
DIALOGUES, CHANT, LUTH MAROCAIN, PERCUSSION, BANJO, BRUITAGES : Arthur B. Gillette
DIALOGUES, CHANT, VOIX, VIOLON, BRUITAGE : Jennifer Eliz Hutt
Son et vidéo : Yann Philippe
Lumières : David Goualou
Production, diffusion, administration : Fabrik Cassiopée – Manon Crochemore et Isabelle Morel
Remerciements : Rowen Berrou, La Pérouse
Durée :  1h35

Jadis, au temps du cinéma muet, le bonimenteur était la personne chargée de raconter le film pendant sa projection. Cette fonction supposait une grande liberté. Car le raconteur d’images n’hésitait pas à improviser ; soit qu’il s’agisse d’adapter à un public local des films conçus dans un pays étranger ; soit qu’emporté par son élan imaginatif, il impose sa vision personnelle de l’œuvre.

S’inspirant de cette pratique ancienne, Jonathan Capdevielle, Arthur B. Gillette et Jennifer Eliz Hutt l’appliquent aujourd’hui à Suspiria, film culte tourné par Dario Argento en 1977. Ensemble sur le plateau, ils coupent le son du film – célèbre notamment pour sa bande originale composée par le groupe de rock progressif Goblin – pour en réinventer les dialogues, les bruitages et la musique. Jouant sur le décalage entre l’image muette et l’énergie déployée par les trois interprètes sur le plateau, le spectacle réinvestit les thèmes du film à partir d’improvisations, de spirales instrumentales et vocales mêlant dialogues et chansons pour évoquer par fragments une certaine histoire de la danse, la figure de la sorcière ou encore Thomas De Quincey dont le texte, Suspiria de Profundis, fut le point de départ du film.

Lâchant la bride à leur imagination, les trois performers se déchaînent, convoquant Madonna ou Joy Division quand ils n’entrent pas dans une transe à la fois comique et cosmique, emportés par la folie glaçante de ce conte fantastique.

Hugues Le Tanneur