L’ETANG

[ Gisele Vienne / Robert Walser ]
création 2020 / avec le Festival d'Automne à Paris
Date(s) :  du 15 décembre 2020 au 20 décembre 2020
Horaire(s) :  [nouvelles représentations]
mardi, mercredi, jeudi, vendredi à 19h
samedi 19 décembre à 17h
dimanche 20 décembre à 16h.
Conception, mise en scène, scénographie : Gisèle Vienne
D'après : Der Teich (L’Etang) de Robert Walser
Avec : Adèle Haenel, Ruth Vega Fernandez
Direction musicale : Stephen F. O'Malley
Musique originale : Stephen F. O’Malley, François J. Bonnet
Orchestration : Owen Morgan Roberts
Lumière : Yves Godin
Dramaturgie : Gisèle Vienne
Assistanat en tournée : Sophie Demeyer
Regard extérieur : Dennis Cooper, Anja Röttgerkamp
Traduction française : Lucie Taïeb
À partir de la traduction allemande de : Händl Klaus et Raphael Urweider (éditions Suhrkamp Verlag, 2014)
Collaboration à la scénographie : Maroussia Vaes
Conception des poupées : Gisèle Vienne
Création des poupées : Raphaël Rubbens, Dorothéa Vienne - Pollak, Gisèle Vienne, en collaboration avec Le Théâtre National de Bretagne.
Fabrication du décor : Les ateliers de Nanterre-Amandiers
Décor et accessoires : Gisèle Vienne, Camille Queval, Guillaume Dumont
Costumes : Gisèle Vienne, Camille Queval, Pauline Jakobiak
Maquillage et perrques : Mélanie Gerbeaux
Régie générale : Richard Pierre
Régie son : Adrien Michel, Mareike Trillhaas
Régie lumière : Iannis Japiot Samuel Dosière
Régie plateau : Antoine Hordé
Pièce crée en collaboration avec : Kerstin Daley-Baradel
Remerciements à : Etienne Bideau-Rey, Nelson Canart, Patric Chiha, Zac Farley, Jean-Paul Vienne
Durée :  1h30

Nouvelles représentations du 15 au 20 décembre, puis du 15 au 24 avril 2021.

Longtemps inédite, L’Étang est une pièce de théâtre écrite par Robert Walser en dialecte suisse-allemand pour sa sœur Fanny, dont celle-ci n’a révélé l’existence que peu de temps avant sa mort en 1972. Il s’agit donc d’un texte privé, avec huit scènes, des personnages, des dialogues, des espaces qui semblent très concrets.

Cette pièce de théâtre, qui n’en est peut-être pas une, malgré cette forme, apparaît comme un désir de dialogues et de paroles. Au centre du drame, il y a le tourment d’un enfant qui se sent mal aimé de sa mère et, au comble de son désespoir, fait croire à son suicide dans un étang. Alors qu’il redoute une punition sévère de retour à la maison, c’est au contraire un dialogue trouble et amoureux qui s’instaure avec sa mère. La comédienne Ruth Vega Fernandez interprète la mère et celle du voisin, tandis qu’Adèle Haenel interprète cet enfant et les voix des autres enfants et adolescents du village, représentés par quinze poupées de taille humaine.

L’ordre, les règles, leur respect et leur transgression, semblent être une préoccupation centrale et un plaisir jubilatoire dans l’œuvre de Walser. À travers cette mise en scène, Gisèle Vienne joue à des jeux similaires et partage ces mêmes plaisirs. Le spectacle prend alors la forme d’un univers où se superposent des rythmes et des temporalités parfois contradictoires. Ces multiples jeux de mise en abîme du sens et du temps perturbent l’organisation apparente de la pièce, suggérant en sous-main un chaos autrement troublant.

Hugues Le Tanneur