CRASH PARK, LA VIE D’UNE ÎLE

[ PHILIPPE QUESNE ]
Date(s) :  du 9 juin 2020 au 13 juin 2020
Horaire(s) :  Mardi, mercredi, vendredi à 20h30, jeudi à 19h30, Samedi à 18h
Conception, scénographie et mise en scène : Philippe Quesne
Avec : Isabelle Angotti, Jean-Charles Dumay, Léo Gabin, Yuika Hokama, Sébastien Jacobs, Thérèse Songue, Thomas Suire, Gaëtan Vourc'h
Assistant : François-Xavier Rouyer
Costumes animaux : Corine Petitpierre
Musique originale : Pierre Desprats
Lumières : Thomas Laigle, Mickaël Nodin
Son : Samuel Gutman
Collaboration technique : Marc Chevillon, Joachim Fosset
Collaboration costumes : Pauline Jakobiak
Collaboration dramaturgique : Camille Louis
Tournage : César Vayssié
Réalisation décors : Ateliers Nanterre-Amandiers, Elodie Dauguet, Marie Maresca, Ivan Assël, Jérôme Chrétien
Durée :  1h50

À la suite d’une catastrophe aérienne, des rescapés échouent sur un îlot volcanique. À partir de cette intrigue simple, Philippe Quesne nous embarque dans une fantaisie, empruntant aussi bien au cinéma qu’aux romans d’aventures ou à la bande dessinée.

Le scénographe et metteur en scène feuillette avec un bonheur évident les représentations exotiques qui peuplent nos imaginaires. L’épave de l’avion flottant sur l’eau ne manque pas de pittoresque, tout comme cette île, avec ses palmiers et son volcan qui crache une sympathique fumée. L’île est à vrai dire un peu le personnage central de cette création, concentré d’imaginaire — et aussi par conséquent de clichés. Investir ces images d’Épinal pour les déjouer, en revisitant au passage quelques souvenirs de leurs lectures d’enfants, est ce à quoi s’emploient activement les héros de ce spectacle. Cependant derrière l’euphorie béate, pointe en filigrane une réalité autrement glaçante. Impossible en effet de ne pas repérer sous la surface attrayante du parc à thème conçu par Philippe Quesne une inquiétude authentique quant au désastre écologique dont notre planète est aujourd’hui le théâtre.

Dans un tel contexte, le choix d’aborder un drame aussi tragique qu’une catastrophe aérienne comme s’il ne s’agissait de rien d’autre que d’une partie de plaisir sans conséquences se révèle en sous-main d’une ironie dévastatrice. Où, l’air de rien, des rêveries de Tintin, on glisse subrepticement par une forme d’understatement à une dystopie à la J.G. Ballard.